À partir de 1789, la situation économique désastreuse de la France met à la rue de nombreux petits artisans et les journaliers. Cette population, oisive, poussée par la faim, se dirige vers la Beauce dans l’espoir d’y trouver du pain.

La Beauce : territoire favorable au brigandage

Les bois qui bordent la plaine beauceronne sont des repères idéaux et les brigands apprécient ce territoire où les habitations et les chemins isolés sont nombreux. La Bande d’Orgères se forme en 1790. Composée de brigands de métier, de vagabonds, de mendiants, de colporteurs, elle abrite aussi bien des hommes que des femmes et des enfants « les mioches ».

Les chauffeurs attaquent !

La bande d’Orgères vise en premier les habitations isolées. Bien que l’argent soit leur principale motivation, ils s’intéressent également à l’argenterie, la vaisselle, l’habillement, le linge de maison ainsi qu’aux animaux et aux denrées alimentaires. Les attaques de la bande d’Orgères ont lieu la nuit. Alors que des guetteurs prennent place tout autour des bâtiments, les brigands escaladent les murs et enfoncent les portes. Une fois à l’intérieur, les bandits ligotent et bâillonnent les occupants du logis. La bande terrorise le maître des lieux afin qu’il révèle la cache qui renferme les richesses de la maison. Dans les rares cas où la victime résiste, elle est menée vers la cheminée ses pieds sont présentés aux flammes. Bien que peu utilisée, cette torture vaut à la bande d’Orgères, le surnom de « chauffeurs ».

La traque

Le gouvernement du directoire s’inquiète des attaques répétées de la Bande d’Orgères et décide de l’envoi de deux régiments de hussard.

Après une nouvelle attaque de la bande, le juge de paix du canton d’Orgères confie l’enquête au maréchal des logis Vasseur de la gendarmerie de Janville. C’est ainsi que battant la campagne, le gendarme met la main sur « le Borgne-de-Jouy », l’un des lieutenants de la bande. Interrogé, il révèle le projet d’attaque du Château de Faronville (commune de Toury). Une embuscade est tendue par l’armée et le chef de la bande est arrêté. Les jours suivants les arrestations s’enchaînent.

Le juge Fougeron interroge les brigands dans son château de Villeprévost. Son travail permet de démanteler l’ensemble de la bande.

La guillotine à Chartres

Le 3 octobre 1800, après 4 mois de procès, le verdict est rendu. Alors que 22 accusés sont innocentés, 35 sont condamnés à des peines de prison et 21 brigands sont guillotinés à Chartres dans une ambiance de fête. Beau-François, le chef de la bande échappe à la mort en s’évadant.

La guillotine à Chartres

Masques mortuaires

Dans le grand salon du château de Villeprévost, Amand-François Fougeron, conseiller du roi et, à l’époque, juge de paix d’Orgères-en-Beauce, procéde de janvier à mai 1798, à l’interrogatoire de plus de nombreux bandits de la bande des chauffeurs d’Orgères. Aujourd’hui, le pigeonnier situé dans les jardins du château abrite les reproductions des masques mortuaires des condamnés à morts. Une visite inoubliable !

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